Complexité d’une île

Complexité d’une île, 13 peintures support carton bois, technique mixte. Formats 33X25 et 33×29 cm.

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Les îles représentent un espace très particulier. Comme le dit le géographe Pierre George, elles figurent « un autre monde dans le monde ».

La fascination pour les îles date de leur découverte et est liée à l’imaginaire des continentaux. La barrière de la mer ou de l’océan représente le passage à un autre monde, une alternative à un continent stressant/oppressant. Selon Nicolas Thierry, dans L’insularité aujourd’hui : entre mythes et réalités, “se rendre dans une île équivaut à accéder à un monde premier plutôt que primitif, indemne des maux de la civilisation urbaine”.

Permissif, anti-monde, facile à approprier, à l’abri des regards, autant de notions qui sont le résultat de l’imaginaire que renvoient les territoires insulaires, sublimés par l’esprit à travers le cinéma, le culturel, le politique, la littérature ou encore la peinture. L’île représente l’ailleurs, l’aventure et la découverte. Entre-deux-guerres, l’insularité est un thème récurrent de l’œuvre de Pierre Benoit, que l’isolement soit maritime (Erromango), lacustre (Isla del Sol) ou désertique (L’Atlantide).

L’idée selon laquelle le retard des îles serait synonyme de rempart des systèmes capitalistes actuels et serait considéré comme une richesse renforce notre imaginaire autour de l’île. Les espaces insulaires sont vus comme une échappatoire à la civilisation, un moyen de se retirer du monde, d’être en retraite. Le désir d’île cultivé par les mythes du bon sauvage, comme celui de « Robinson Crusoé », en illustre la portée.

Dans son ouvrage Fonctions sociales et dimensions subjectives des espaces insulaires, Françoise Péron propose une définition de l’île comme limite à l’hybris: « L’île impose des limites à la démesure humaine ». Elle permet de retrouver des sensations perdues, l’attente, la coupure, l’austérité. L’île est perçue comme un territoire résistant à la société de consommation. L’activité touristique n’est d’ailleurs que la résultante de cet imaginaire cultivé.

Les îles sont donc perçues comme l’envers du monde occidental alors qu’elles sont de plus en plus intégrées. Ce paradoxe et cette complexité n’entachent pas l’idée que l’on a de l’île, différente du continent et exotique de ce fait.

Selon Nicolas Thierry, « les îles exercent une réelle fascination sur les continentaux ». Ce désir d’île serait, au sens de Françoise Péron, une réponse à la nécessité de l’Homme de créer de nouvelles formes de relations. Ceci afin de se distinguer de la modernité et des technologies, produits des sociétés occidentales industrialisées.

À une époque où la quasi-totalité de la planète a été découverte, exploitée et mise en valeur, où le réchauffement climatique global devient un problème planétaire, il est possible de s’interroger sur notre propre insularité.

Le géographe grec Strabon écrivait dès le Ier siècle après JC : « Que le monde habité soit une île, c’est d’abord l’expérience sensible qui nous force à l’admettre. De tous côtés, en quelque direction qu’il ait été possible d’atteindre les confins de la terre qui nous porte, l’on rencontre la mer, que précisément nous nommons océan ; là où il n’est pas donné aux sens de nous le faire admettre, le raisonnement le démontre ».

C’est pourquoi, c’est en fin de compte peut-être le monde dans son ensemble qui est désormais une île. Et avec l’accroissement de la population, la mondialisation, le réchauffement climatique, notre île mondiale devient de plus en plus petite, fragile et menacée.

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